L'endométriose
Qu'est-ce que l'endométriose ? Comment en reconnaître les symptômes et les atténuer ? Découvrez notre dossier santé dédié pour en savoir plus !
Publié le
I. Définition et chiffres clés
L’endométriose est une maladie gynécologique chronique caractérisée par la présence anormale de tissus semblables à l’endomètre (la muqueuse qui tapisse l’utérus) en dehors de l’utérus [1]. Ces tissus peuvent se développer dans les ovaires, les trompes, la vessie, les ligaments utérins, la paroi du rectum et du vagin, le péritoine ou plus largement dans la région pelvienne mais il est rare qu’ils se propagent dans d’autres parties du corps [2].
Sous l’effet des hormones du cycle menstruel, ces tissus s’épaississent et saignent sans pouvoir s’évacuer naturellement. Cela entraîne des inflammations, de fortes douleurs et parfois des cicatrices. L’endométriose peut évoluer de la puberté jusqu’à la ménopause et compromettre la fertilité [2,5].
- L’endométriose touche environ 10 % des femmes en âge de procréer dans le monde [1].
- Les femmes entre 25 et 49 ans sont les plus touchées [2].
- 40% des femmes souffrant de douleurs pelviennes chroniques seraient atteintes d’endométriose sans être diagnostiquées [3].
- L’endométriose est impliquée dans 40% des cas d’infertilité féminine [3].
II. Causes
Les causes exactes de l’endométriose ne sont pas encore clairement établies. Plusieurs pistes sont étudiées par les scientifiques pour expliquer son apparition et son développement [1].
- Menstruations rétrogrades : pendant les règles, une partie du sang menstruel peut parfois remonter à l’intérieur du corps, au lieu de s’écouler normalement vers l’extérieur. Ce sang contient des cellules qui tapissent l’utérus. En remontant, ces cellules peuvent se fixer sur d’autres organes dans le bas-ventre et continuer à se développer, alors qu’elles devraient normalement être éliminées [2].
- Transformation de cellules : il est possible que certaines cellules qui se trouvent normalement en dehors de l’utérus se transforment en cellules endométriales, créant ainsi des lésions d’endométriose [5].
- Facteurs génétiques ou immunitaires : certaines personnes auraient une prédisposition qui favorise l’endométriose, notamment si des membres de la famille sont touchés [4].
- Facteurs individuels : le risque d’avoir une endométriose est augmenté chez les femmes présentant un Indice de Masse Corporelle (IMC) faible, des règles abondantes ou des cycles menstruels courts [4].
- Influence des hormones : l’endométriose est une maladie hormono-dépendante, en particulier liée à l’action des œstrogènes et de la progestérone qui provoquent le saignement des lésions pendant les règles, créant une inflammation [5].
- Perturbateurs endocriniens : certains produits chimiques contenant des perturbateurs endocriniens sont suspectés de dérégler le système hormonal et pourraient jouer un rôle dans le développement de l’endométriose [6].
III. Les symptômes
Les symptômes de l’endométriose ne sont pas les mêmes chez toutes les femmes. Cette maladie peut être silencieuse ou au contraire très invalidante [1]. Les signes les plus fréquents sont les suivants :
- Douleurs pendant les règles : des règles très douloureuses (appelées dysménorrhées) sont le symptôme le plus courant. La douleur peut être intense et handicaper la vie quotidienne [2].
- Douleurs pelviennes chroniques : certaines femmes ressentent des douleurs régulières dans le bas-ventre ou le bassin, même en dehors des règles [2].
- Douleurs pendant ou après les rapports sexuels (dyspareunie) : ces douleurs sont fréquentes chez les femmes atteintes d’endométriose [2].
- Troubles digestifs : selon l’endroit où se trouvent les lésions, l’endométriose peut entraîner des diarrhées, saignements, constipations ou douleurs lors du passage à la selle [5].
- Troubles urinaires : si l’endométriose touche la vessie ou les voies urinaires, elle peut provoquer des douleurs au niveau de l’os pubien, une gêne au moment d’uriner ou la présence de sang dans les urines [5].
- Fatigue importante : la douleur chronique et l’inflammation peuvent s’accompagner d’une grande fatigue physique et psychologique [1].
- Difficultés à concevoir un enfant : environ 30 à 40 % des femmes atteintes d’endométriose connaissent des problèmes de fertilité [2].
IV. Prévention
Il n’existe pas aujourd’hui de méthode sûre pour éviter totalement l’endométriose. En revanche, certaines mesures peuvent aider à réduire les risques ou à favoriser un diagnostic plus précoce.
- Rester attentive aux douleurs : consulter rapidement un professionnel de santé en cas de douleurs menstruelles intenses ou inhabituelles permet de réduire les retards de diagnostic [2].
- Connaître les facteurs de risque : certains profils (règles abondantes, cycles menstruels courts, prédisposition génétique…) sont associés à un risque plus élevé. Connaître ces facteurs permet d’être plus vigilante et de consulter en cas de symptômes [4].
- Limiter l’exposition aux perturbateurs endocriniens : ces substances chimiques, présentes dans certains produits du quotidien, sont suspectées d’influencer les troubles hormonaux, dont l’endométriose. Limiter l’exposition quand c’est possible constitue une mesure de précaution [6].
- Suivi médical régulier : des examens gynécologiques cliniques réguliers aident à détecter plus tôt d’éventuelles anomalies et à mettre en place une prise en charge adaptée [3].
V. Traitements
À ce jour, il n’existe pas encore de traitement permettant de guérir définitivement l’endométriose. Les soins proposés visent surtout à soulager les douleurs, améliorer la qualité de vie et préserver la fertilité [1].
- Médicaments contre la douleur : des antalgiques ou anti-inflammatoires peuvent être prescrits pour réduire les douleurs et ralentir la croissance de tissus semblables à ceux de l’endomètre lorsqu’ils se développent ailleurs dans le corps, pendant les règles ou au quotidien [5].
- Traitements hormonaux : la pilule contraceptive, les dispositifs intra-utérins hormonaux ou d’autres médicaments peuvent bloquer ou réduire les cycles menstruels, limitant ainsi l’évolution des lésions [2].
- Chirurgie : le traitement chirurgical permet dans certains cas de retirer ou détruire les lésions et tissus mal placés. Elle est proposée si les douleurs persistent malgré les traitements ou en cas de complications [1].
- Approche globale : associés à un suivi médical régulier, une prise en charge psychologique, des conseils nutritionnels personnalisés et une activité physique adaptée contribuent à améliorer le quotidien des patientes [7].
POI 1117-01/26
Sources :
[1] https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/endometriosis
[2] https://www.inserm.fr/dossier/endometriose/
[3] https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/endometriose
[4] https://www.ameli.fr/yvelines/assure/sante/themes/endometriose/definition-facteurs-favorisants
[7] Quels traitements pour l’endométriose ? • Fondation pour la Recherche sur l’Endométriose